L'ancêtre Jacques

Originaire de Saintonge, aujourd'hui la Charente-Maritime, Jacques Massicot arriva en Nouvelle-France vers 1688. La première mention que nous ayons le concernant est en date du 12 octobre de cette même année, alors qu'il acheta de Jeanne Guillet épouse de Mathieu Rouillard, une terre de six arpents de largeur par quarante arpents de profondeur « en boys debout » en bordure du fleuve Saint-Laurent.

Sa venue en terre canadienne n'est certainement pas étrangère au fait que sa tante, Louise Landry, y habite déjà depuis plus de vingt ans. En effet, cette fille du Roi, arrivée au pays à l'été de 1667, épousa quelques mois plus tard à Québec Pierre Contant, originaire de Poitiers, et établit au pays depuis quelques années. Leur union demeurant stérile, il est probable qu'elle voulût faire bénéficier son neveu des avantages qui lui étaient garantis par son contrat de mariage.

Pierre Contant dut mourir en 1694, peu de temps après avoir fait son testament, par lequel il léguait environ un cinquième de ses biens à son domestique Gabriel Courtois, un autre cinquième à la Fabrique de Batiscan, et le reste à notre ancêtre. Dès l'année suivante, la tante Louise, fait son testament à son tour et institue Jacques Massicot son héritier, à la charge par ce dernier de faire dire 32 messes.

Les registres de Batiscan sont muets au sujet du décès de Pierre Contant, mais ils rapportent cependant l'inhumation de la tante Louise, dont le corps fut porté en terre, sous la première église, le 28 décembre 1698.

Le 28 juin 1696, Jacques Massicot se présenta chez son futur beau-père, Jean Baril, afin d'y faire rédiger son contrat de mariage.

Cet important document révèle que notre ancêtre est le fils de Jacques Massicot et de Jeanne Landry de St-Pierre du Gicq, diocèse de Saintes en Saintonge, et que Marie-Catherine Baril, née vers 1676, est la fille aînée de Jean Baril et de feue Marie Guillet.

Jacques et Marie-Catherine s'épousèrent en communauté de biens. Celle-ci fut dotée par son père et sa belle-mère, Élisabeth Gagnon, d'une somme de cinq cents livres, de deux vaches et de quelques meubles. Quant à Jacques, il apporta au ménage un douaire de 600 livres.

Le tout fut signé en présence d'un grand nombre de parents et amis, dont Nicolas Rivard de la Vigne, commandant de milice de Batiscan, de Louise Landry et de Damien Quetresous, marchand bourgeois. Quelques jours plus tard, soit le 2 juillet, la cérémonie nuptiale fut présidée par le curé Nicolas Foucault.

Notre ancêtre fut très privilégié. En plus de recueillir l'héritage d'un oncle et d'une tante, les Jésuites lui concédèrent dans les limites de la future paroisse Sainte-Geneviève, la plus grande terre de la rivière Batiscan. Une carte cadastrale, publiée dans l'Album de Trois-Rivières, montre la terre de l'ancêtre, démesurément grande par rapport aux autres sises le long de la rivière.

Dans son livre, La Famille Massicotte publié en 1904, Edouard-Zotique Massicotte, mentionne qu'une tradition orale dans sa famille, veut que notre ancêtre soit venu au pays comme engagé des Jésuites, et qu'en récompense de ses services, ces derniers lui aient accordé une terre d'une étendue égale à un fief.

Rien ne permet de confirmer cette hypothèse, puisque le contrat de concession semble identique à tous les autres, sauf en ce qui concerne la largeur et la profondeur de la terre.

Jacques, qui semble-t-il, n'a jamais habité sur cette terre, la laissa à ses deux fils Jean et Jacques. Elle était en 1904, la propriété de six Massicotte, dont trois se trouvaient dans Saint-Prosper, et trois dans Sainte-Geneviève-de-Batiscan, à la suite du démembrement de cette paroisse. Aujourd'hui la majeure partie de cette terre appartient encore à des descendants de l'ancêtre.

Jacques et Marie-Catherine finirent leurs jours chez leur fils François qui habitait sur la terre de Batiscan. C'est à cet endroit que fut inhumé notre ancêtre Jacques le 3 juin 1738, à l'âge d'environ 80 ans. Marie-Catherine lui survivra plus de 14 ans, et sera portée en terre auprès de son mari, le 13 octobre 1752.

Ce couple a eu douze enfants, sept filles et cinq garçons. Trois de leur fils, soit Jean, Jacques et François sont les ancêtres de tous les Massicotte d'Amérique.

LE BLASON & LA DEVISE

Comme plusieurs autres associations de familles, les Massicotte d’Amérique voulaient un blason, un emblème distinctif. Plusieurs personnes ont apporté leurs idées et Jean-Paul Massicotte, alors président de l’Association, s’est mis à la tâche. Il a puisé des informations dans un livre de monsieur Denis Chapacou (édité en France) qui a pour titre Aulnay. Il a aussi obtenu d’autres renseignements de monsieur Pierre Couprie, alors maire du Gicq. Par la suite sa fille Josée a peint le blason qui fut dévoilé le soir du 6 juillet 1996.

Voici donc la définition de notre blason
La forme de l’écu date du 14e siècle.blason massicotte

// partie supérieure
Ligne horizontale du haut : le bleu, pour la royauté ; Louis XIV était roi de France lorsque Jacques Massicot vint s’établir à Batiscan, en Nouvelle-France.
Sous la ligne bleue, partie de gauche : comme le Canada est divisé en provinces, la France est divisée en départements. Le département de la Charente-Maritime, d’où vient Jacques Massicot touche l’Atlantique. Il est représenté par deux mouettes : la bleue pour la mer, la verte pour la terre.

Le pal d’or, ligne verticale au centre de l’écu et, à droite, les losanges de gueules, font partie du blason d’Aulnay. Le Gicq est situé dans le canton d’Aulnay. En langage héraldique : 1- le losange symbolise le fer de lance (il est assez facile d’imaginer un losange au bout d’un pique ou d’un bâton). 2- «de gueules » veut dire la couleur rouge ; alors : fers de lance rouges = losanges de gueules.

// partie inférieure
À gauche, la fleur de lys du Québec ; à droite, la charrue, symbole de la terre que Jacques Massicot et ses descendants ont vaillamment défrichée et cultivée.

Courage et Ténacité
Comme suite au concours paru dans le Massicot de juin 1997 dans le but de trouver une devise, M. Jean-Paul Massicotte a formé un comité de sélection pour le choix de la devise. Il était secondé dans son travail par Mme Madeleine Roy et M. Jean-Marc Denommé, professeurs à l’U.Q.T.R.

On a soumis à leur choix les 38 suggestions reçues : chacune de ces suggestions était numérotée. Le jugement portait donc uniquement sur l’idée de la devise tout en ignorant le nom de l’auteur-e.

Le comité de sélection a donc choisi : « Courage et Ténacité » de M. Jean-P. Massicotte de Cap-de-la-Madeleine.